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« La Vraie famille », l'accueil familial sur grand écran

Crédit photo Cédric Sartore
Dans « La vraie famille » - sorti au cinéma le 16 février - le réalisateur Fabien Gorgeart, servi par des acteurs remarquables, livre le portrait brut et sensible d’une famille d’accueil aux prises avec le départ d’un enfant.  

Une partie de ping-pong endiablée, une soirée dansante, l’été. La joie brute de trois jeunes garçons débordants de vie et de leurs parents en vacances explose, au début du film de Fabien Gorgeart, La vraie famille. A ceci près que cette famille heureuse est particulière : Simon, le plus jeune garçon, âgé de 6 ans, n’est pas le troisième fils mais un enfant placé depuis l’âge de 18 mois. Anna, assistante familiale, déborde d’affection pour cet enfant auquel elle donne tout, comme aux siens, pour qu’il soit heureux. Un équilibre apparent qui se fissure soudain quand la référente de l’aide sociale à l’enfance (ASE) lui annonce le désir du père, longtemps dévasté par la mort de sa femme, de le reprendre chez lui. Un déchirement pour la jeune femme, ses deux garçons et son mari Driss : « On ne compte pas, nous, ou quoi ? ».

Le réalisateur dont la mère était assistante familiale met en scène avec une grande finesse les bouleversements liés au retour dans sa famille d’origine d’un enfant placé. Résolument attaché au point de vue de cette femme qui vacille, renvoyée brutalement à un statut de professionnelle dont elle ne percevait plus très bien les limites et les enjeux, Fabien Gorgeart montre également les difficultés du petit garçon perdu et des autres enfants, attachés à lui comme à un petit frère. Sans oublier le désarroi de son père dont la réserve, tour à tour inquiétante et touchante, souligne l’ambivalence et la culpabilité. Une situation d’affrontement et de douleur est dès lors inévitable, comme si ces liens étaient incompatibles.

A ce torrent d’affects qui la trouble, la référente ASE ne semble pouvoir opposer qu’une grande raideur. Et l’on se prête à penser qu’un retour progressif, assorti d’une médiation et d’une préparation psychologique pour tous – qui existent dans quelques départements et dont la méthodologie a été précisée fin 2021 par la Haute Autorité de santé –, ainsi que la possibilité de conserver des liens pluriels éviteraient, dans cette fiction sensible comme dans la réalité, un tel gâchis.

Notes

« La vraie famille » – Fabien Gorgeart – Sortie dans les salles le 16 février 2022.

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