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Inégalités : les perdants et les gagnants de la crise sanitaire

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« Plus modestes et plus souvent mal logés que leurs aînés, les jeunes sont les premiers à subir les conséquences socio-économiques de la pandémie", selon l’Observatoire des inégalités.

Crédit photo Kawee - stock.adobe.com
Dans son rapport de 2021 sur les inégalités en France, publié mercredi 2 juin, l’Observatoire des inégalités indique que la crise sanitaire liée au Covid-19 n’a pas eu d’effet sur le niveau de vie de la majorité de la population. Mieux, l’épargne a grimpé pour certains. Des résultats à nuancer en fonction de la situation sociale à venir et des conséquences de l’épidémie pour les moins protégés.

 « Refuser de hiérarchiser les répercussions de la pandémie dilue les conséquences les plus graves dans un vaste ensemble », prévient Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, en introduction du dernier rapport de l’organisme, « Les inégalités en France, édition 2021 », publié le 2 juin. Une manière de rappeler que toutes les inégalités ne se valent pas et qu’il faut « éviter le catastrophisme ».

Car si le document reconnaît que, « comme toutes les crises, celle-ci touche d’abord  les moins protégés » et qu’« une partie de la population précaire, déjà fragile et inquiète, l’est encore plus aujourd’hui », il souligne également que, fin 2020, le niveau de vie de la majorité des Français n’avait pas diminué. Un résultat surprenant, étayé par des indicateurs qui « révèlent des inégalités durables plutôt que de chercher la nouveauté », précise Anne Brunner, directrice d’études à l’Observatoire.

L’épargne des Français s’est accrue

Parmi les points positifs ayant permis d’amortir la crise figurent les emplois stables pour de nombreux salariés, les compensations financières mises en place par l’Etat, le système de protection sociale (minima sociaux, indemnisations de chômage, pensions de retraite, etc.). Conséquence directe : faute de pouvoir dépenser leur argent, une partie des ménages l’ont mis de côté.

Ainsi le patrimoine financier des Français s’est-il accru de 110 milliards d’euros en 2020. Les 10 % d’épargnants les plus riches ont économisé 8 400 € entre février et décembre derniers, contre 107 € pour les moins nantis. « En dix mois, les plus fortunés ont mis de côté au minimum ce qu’un smicard touche en sept mois de travail », indique le rapport. Et d’insister : « Ce qui choque, c’est le décalage dans une période de crise majeure avec la situation de ceux qui sont en difficulté. »

L’augmentation des inscriptions à Pôle emploi

Pour autant, s’il y a eu des gagnants, d’autres ont été perdants. Les inscriptions à Pôle emploi ont augmenté de 8 % en un an. Les hommes et les jeunes ont été davantage touchés que les femmes. Des données encore parcellaires, qui « n’incluent pas ceux qui sont découragés de rechercher du travail » et « ne prennent pas en compte non plus les indépendants dont l’activité s’est arrêtée, ni les ”petits boulots“ non déclarés », note le rapport. De même, sont absents des statistiques les jeunes diplômés dont le recrutement a été stoppé net.

Faillites, licenciements… « Le véritable bilan n’est pas encore possible à dresser », stipule l’Observatoire des inégalités, affirmant qu’il faudra attendre 2022. Ce qui est sûr, c’est qu’environ 10 millions de personnes ont subi le chômage partiel, que les indépendants et les salariés ayant perdu leur emploi ont été très impactés, que 150 000 personnes supplémentaires perçoivent le RSA.

Le rapport alerte particulièrement sur le sort des moins de 25 ans, exclus du RSA : « Plus modestes et plus souvent mal logés que leurs aînés, les jeunes sont les premiers à subir les conséquences socio-économiques de la pandémie, ce dont la plus faible exposition au risque sanitaire de la Covid-19 ne rend pas compte. »

 

Auteur

  • Brigitte Bègue

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