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Grève symbolique des aides à domicile : « Nous avons beaucoup discuté de la forme de ce mouvement »

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Anne Lauseig, assistante de vie et fondatrice du collectif  « La force invisible des aides à domicile ».

Crédit photo DR
A l’initiative du collectif « La force invisible des aides à domicile », une grève symbolique de ces professionnelles de l’accompagnement a été entamée il y a une vingtaine de jours sur tout le territoire. Toujours en exercice, celles prenant part au mouvement affichent leur « colère » sur les vitres de leur voiture ou en portant un brassard. Anne Lauseig, assistante de vie et fondatrice du collectif, revient sur cette mobilisation qui s’additionne aux nombreuses autres que compte le secteur social cette année.

Actualités sociales hebdomadaires : Quelles sont vos revendications ?

Anne Lauseig : Ce sont toujours les mêmes, à savoir un meilleur salaire, une seule et même convention collective pour toute la branche, faire partie du Ségur de la santé et une homogénéité des frais kilométriques.

ASH : Quelle est aujourd’hui l’ampleur du mouvement de grève que vous avez lancé ?

A. L. : Le mouvement a démarré il y a 22 jours dans toute la France et dans toutes les structures. Doucement, la mobilisation prend de l’ampleur. Je constate une véritable implication des aides à domicile pour répondre aux journalistes, pour placarder les affiches… Mais le mouvement reste difficile à chiffrer précisément, car certaines professionnelles nous rapportent être en grève sans nous envoyer de photos à l’appui. Les photos des affiches sur leur voiture ou de leur brassard porté nous servent d’indicateur pour quantifier l’ampleur de la mobilisation.

Il faut également savoir que des bénéficiaires nous soutiennent désormais et relaient nos revendications. Certains nous ont envoyé des témoignages, d’autres ont collé une affiche au dos de leur fauteuil roulant.

En parallèle, nous travaillons à essayer de rencontrer les députés, les sénateurs et Brigitte Bourguignon [ministre chargée de l'autonomie, ndlr], qui ne nous entend toujours pas et ne répond pas à nos demandes.

ASH : Comment espérez-vous instaurer un rapport de force alors que les aides à domicile continuent de travailler ?

A. L. : Nous avons beaucoup discuté de la forme que devait prendre ce mouvement et de la manière d’interpeller les pouvoirs publics. Il est compliqué dans notre métier de laisser les bénéficiaires pour descendre dans la rue. Les femmes se sentent coupables de faire grève. En choisissant la grève symbolique, nous prenons les choses à l’envers. Lorsque les aides à domicile seront prêtes, lorsque l’initiative émanera d’elles, alors nous irons dans la rue.

Avec cette grève, nous interpellons aussi les directeurs. Ces derniers n’apprécient pas forcément qu’on affiche notre colère car les bénéficiaires nous posent des questions. Depuis le début du mouvement, des employeurs ont fermé la porte aux discussions, tandis que d’autres, conscients de l’enjeu, tentent de dialoguer avec les délégués du personnel. Nous avons remarqué que ceux qui acceptent d'échanger ont généralement un parcours dans le social. Avec eux, nous parlons au moins le même langage, nous avons le même vocabulaire. Nous aimerions pouvoir réunir tout le monde autour de la table. C’est bien de discuter du maintien à domicile avec les syndicats et les fédérations d’employeurs, mais nous sommes les plus à même d’évoquer les besoins de la profession et d’apporter des solutions. Nous ne devrions pas être la cinquième roue du carrosse. Mais la première.

ASH : Prévoyez-vous d’autres actions ?

A. L. : Nous envisageons des actions à la rentrée, mais tout dépendra des annonces gouvernementales au sujet de la loi « générations solidaires ». En fonction de ce qui sera proposé, nos actions pourront démarrer très vite.

Nous craignons par ailleurs le mois d’août, car il y a de nombreux arrêts maladie, des démissions… Maintenant, les aides à domicile peuvent s’arrêter du jour au lendemain. Elles sont tellement fatiguées qu’elles n’ont plus peur de ce que dira l’employeur. Nous ne savons pas ce que sera le maintien à domicile à la rentrée, quelles sera l’ampleur des dégâts. Comme l’an dernier, et même davantage avec l’usure, ce sont deux mois très difficiles qui s’annoncent.

 

Auteur

  • Propos recueillis par Marie Nahmias

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