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Conducteur accompagnateur

« Mon métier de conducteur-accompagnateur va bien au-delà du simple fait de transporter des personnes. Je suis là au quotidien pour accompagner, soutenir et respecter chaque individu que je transporte. » (Thomas P., conducteur-accompagnateur)

Missions

Le métier de conducteur accompagnateur se situe à l’intersection entre transport et accompagnement humain. Ce professionnel intervient auprès de personnes dont l’autonomie dans les déplacements est réduite en raison d’un handicap, de l’âge ou d’une autre situation de vulnérabilité. Selon le service auquel il est affecté, il peut ainsi prendre en charge des enfants et adolescents en situation de handicap entre leur domicile et leur établissement scolaire ou médico-social, des adultes rejoignant un établissement, un lieu d’activité ou de travail, mais aussi des personnes âgées se rendant à un rendez-vous médical. Son objectif : permettre à chacun de se déplacer malgré les difficultés qu’il rencontre.

Cette fonction s’est progressivement structurée avec le développement du transport de personnes à mobilité réduite (TPMR). La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances a notamment marqué une étape importante en affirmant le principe d’accessibilité de la chaîne des déplacements. Dans ce contexte, les services spécialisés se sont développés tandis que les partenaires sociaux du transport routier ont encadré, à partir de 2009, l’activité de conducteur accompagnateur. Plus récemment, l’accord de branche du 8 janvier 2024 est venu renouveler le cadre applicable à la profession. Il précise notamment les missions du conducteur accompagnateur, renforce les exigences de formation et encadre davantage les conditions d’exercice.

Le conducteur accompagnateur organise son activité en fonction des horaires, de l’itinéraire et des caractéristiques des personnes qu’il transporte. Il doit respecter le Code de la route et anticiper les contraintes susceptibles de perturber le déplacement. À l’arrivée au domicile ou au point de rendez-vous, le conducteur accompagnateur ne se contente pas d’attendre derrière son volant. En fonction de l’autonomie et des besoins de la personne, il accompagne la personne entre son lieu de prise en charge et le véhicule, puis l’aide à la descente jusqu'à sa destination. À destination, il veille également à ce que le passager soit pris en charge dans de bonnes conditions.

Certains services proposent aussi un accompagnement renforcé, avec une prise en charge plus individualisée. Il peut, par exemple, rester à ses côtés pendant un rendez-vous médical ou administratif, l’accompagner pour effectuer des démarches ou des courses, ou encore l’assister lors d’une sortie culturelle ou de loisirs.

Avant ou après son service, le professionnel réalise également les contrôles de base : carburant, niveaux, pneumatiques, équipements intérieurs de sécurité ou encore fonctionnement de l’élévateur. Il veille également à la propreté de l’habitacle. Selon l’organisation du service, il peut vérifier les cartes et titres de transport, voire encaisser le prix d’une course.

Profil et compétences

Sur la route, la prudence est évidemment incontournable. Le conducteur accompagnateur doit posséder une conduite souple, maîtrisée et responsable, mais aussi une bonne capacité d’anticipation. À cette compétence technique s’ajoute une qualité nécessaire : la ponctualité. Un retard peut ainsi déstabiliser les personnes transportées et perturber le déroulement de toute leur journée. Le relationnel occupe une place singulière dans la profession. Le conducteur accompagnateur transporte parfois quotidiennement les mêmes personnes. Il doit savoir, à ce titre, instaurer une relation rassurante, comprendre certaines manifestations comportementales et détecter une situation inhabituelle. La discrétion est également de mise : au fil des trajets et des échanges, le conducteur peut être confronté à des informations relevant de la vie privée des personnes qu’il accompagne.

Une certaine résistance physique est par ailleurs nécessaire. Le conducteur accompagnateur est régulièrement amené à les aider dans leurs déplacements et doit maîtriser les gestes et postures permettant d’intervenir sans se blesser, ni mettre la personne en difficulté. Il doit aussi connaître les gestes de premiers secours et savoir réagir rapidement face à un incident.

Formation

Il n’existe pas de parcours unique pour devenir conducteur accompagnateur. Pour les véhicules légers, le permis B constitue le principal prérequis de conduite. Pour le transport de plus de 9 passagers, le permis D est nécessaire, auquel s’ajoutent, selon l’activité exercée, les obligations de qualification professionnelle propres au transport routier de voyageurs, notamment la FIMO.

Pour exercer en transport de personnes à mobilité réduite (TPMR), une formation complémentaire est obligatoire. L’accord de branche du 8 janvier 2024 prévoit qu’elle soit suivie dès l’embauche et, au plus tard, dans les deux mois suivant l’entrée en fonction. Elle porte sur les premiers secours (PSC1 ou équivalent), les gestes et postures et la connaissance des publics accompagnés : enfants en situation de handicap, personnes âgées ou présentant des troubles spécifiques.

Autre possibilité : préparer le CAP conducteur agent d’accueil en autobus et autocar, en deux ans après la 3e, puis compléter cette formation par les compétences spécifiques requises pour le TPMR.

Débouchés

Le conducteur accompagnateur exerce principalement dans les entreprises de transport assurant des prestations pour des personnes en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers. Certaines sont spécialisées dans le TPMR, tandis que d’autres proposent cette activité parmi différents services de transport. Les employeurs interviennent pour le compte de donneurs d’ordre variés. Le professionnel peut ainsi effectuer des circuits réguliers entre le domicile des passagers et des établissements scolaires, sociaux ou médico-sociaux, mais aussi réaliser des transports occasionnels ou à la demande.

Évolutions de carrière

Un conducteur titulaire du permis B peut élargir ses possibilités professionnelles en obtenant le permis D et les qualifications nécessaires à la conduite de véhicules de transport collectif de plus grande capacité. Il peut ainsi accéder à d’autres emplois du transport de voyageurs.

Depuis 2024, un conducteur accompagnateur expérimenté peut évoluer vers une mission de référent au sein d’un service ou d’un établissement.

De même, lorsqu’un conducteur possède le niveau de formation et l’expertise nécessaires, son entreprise peut lui demander de former en interne d’autres professionnels.

>>> A lire sur le même sujet : Handicap : un "ras le bol" face à l’absence de décret d’encadrement des transports dédiés

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