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Protection judiciaire de la jeunesse : les syndicats en ordre de bataille

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Photo d'illustration. Manifestation des travailleurs sociaux du 14 février 2018.

Crédit photo Julien Mattia / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Le SNPES-PJJ-FSU appelait à la grève, jeudi 23 juin, pour demander l’élargissement de la prime « Ségur », en particulier pour les adjointes administratives. Des revendications plus ou moins partagées par les autres syndicats.

Un « ras le bol ». Le 23 juin le SNPES-PJJ-FSU a appelé à la grève dans les services de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Le syndicat, majoritaire au comité technique central, dénonce en particulier les manques de la prime « Ségur », attribuée aux travailleurs sociaux du ministère par décret en avril dernier. Une revalorisation promise par le Premier ministre à l’époque qui avait annoncé l’élargissement de la revalorisation à l’ensemble des travailleurs sociaux.

« C’est vrai qu’on n’a pas eu trop à se battre pour l’avoir, cette prime », confie aux ASH Sonia Ollivier, co-secrétaire nationale du syndicat. Seulement voilà : il ne s’agit pour l’instant que d’une prime. « Elle peut disparaître à tout moment, elle est imposable et ne compte pas pour la retraite, poursuit-elle. Pour nous, ça ressemble un peu à un leurre en attendant le dégel du point d’indice. »

Un contexte de travail « très compliqué »

Certes, les éducateurs et éducatrices ne boudent pas ce coup de pouce de 183 euros. Mais c’est peu par rapport au contexte de travail « très compliqué » qu’ils et elles semblent subir. « On est sous pression de la politique répressive, raconte Sonia Ollivier. La réforme du code de la justice pénale des mineurs, on nous l’impose à marche forcée avec des gros changements sur le sens de nos missions. Et puis il y a aussi la réforme de la fonction publique, qui est venue ancrer des réformes managériales, avec de la dématérialisation des procédures ».

En première ligne face à ces bouleversements, les adjoint.e.s administratives, environ 900 à la PJJ, les moins bien rémunéré.e.s de la catégorie C. Et c’est bien pour elles (1) que le SNPES-PJJ-FSU a notamment lancé son appel à la mobilisation : « C’est le premier maillon, explique Sonia Ollivier. Ce sont elles qui affrontent la colère des enfants qui appellent le service, ou viennent sur place. »

La CFDT-PJJ pour un élargissement limité

En mai dernier, dans un communiqué, la CFDT-PJJ avait elle aussi appelé à un élargissement de cette prime aux adjointes administratives. Le syndicat avait jugé la situation « injuste et irrespectueuse à leur endroit ».

Cependant, contrairement au SNPES, la CFDT ne demande pas l’élargissement complet de la prime, comme aux formateurs, formatrices et directeurs et directrices des services : « On essaie d’aller sur des points qu’on estime justifiés et pour lesquels une négociation est possible, nous explique Eric Achard, secrétaire national. Les adjointes administratives participent pleinement à la prise en charge, pour cela elles devraient avoir droit à la prime, mais elles ne l’ont pas eue, alors que les adjoints techniques l’ont obtenu ». La  CFDT-PJJ est attachée à ce que seuls les postes qui sont directement au contact des enfants dans les établissements et les services bénéficient de la revalorisation.

De son côté, l'UNSa-SPJJ, sans approuver complètement la grève, appelle lui aussi à la « mobilisation ». Comme le SNPES, il demande un élargissement complet de la prime.

Le ministère a promis que la revalorisation « Ségur » sera à terme concrétisée par un complément de traitement indiciaire, en principe début 2023. Contrairement à la prime, qui n'était qu'un point d'étape, il est beaucoup plus pérenne et compte pour la retraite. Les prochains mois seront décisifs.

(1) La quasi-totalité de ces postes sont occupés par des femmes.

Auteur

  • Olivier Hielle

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