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Corps confinés et psyché

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Quelles sont les répercussions psychologiques de la pandémie de Covid-19 sur la santé mentale ? Difficile de les mesurer, car si celle-ci a joué le rôle d’un miroir grossissant et révélé des souffrances cachées, les données restent encore fluctuantes, voire contradictoires. Afin de poser quelques repères, 13 professionnels, principalement des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et des psychiatres et/ou psychologues, ont choisi de consigner leurs expériences dans un livre : « Comment d’ailleurs aurions-nous pu faire autrement lorsque l’on a pu constater, presque dans des conditions de laboratoire, que l’impact des mesures qui touchaient au corps augmentait de manière exponentielle la prévalence des troubles psychiatriques ? » Les exemples retranscrits ne se veulent en rien exhaustifs, mais ils donnent une indication. Et si le traumatisme a été collectif, son épreuve demeure individuelle. A lire particulièrement, le chapitre sur la façon dont a été vécu le confinement chez des mineurs détenus. Paradoxalement, alors que les professionnels s’attendaient à des heurts plus ou moins violents à cause de la suppression des parloirs, des activités et du sentiment ambiant d’insécurité, « l’atmosphère générale s’est finalement révélée plus apaisée qu’à l’ordinaire », notent les éducateurs. Les relations avec les surveillants ont été plus détendues, plus humaines, ces derniers ayant plus de temps à consacrer aux détenus. Il y avait aussi moins de bruit – « même les jeunes ont fait la remarque qu’on entendait les oiseaux » – et davantage de temps de sommeil et de promenade. Comme si le double confinement physique (sanitaire et carcéral) avait eu pour effet de contenir psychiquement les mineurs. Mais, dans la population générale, la distanciation et le port du masque ont réveillé chez certaines personnes des problématiques archaïques douloureuses liées à des « carences d’enveloppement » et source de décompensation : angoisses de castration, d’enfermement, troubles narcissiques, dépression, passages à l’acte…

Notes

« Le corps confiné. Et après : quels enseignements ? » – Sous la direction de Laurent Branchard, Olivier Moyano, Stéphane Pinchon et Marc Rodriguez – Ed. In Press, 20 €.

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