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Enfance - Famille

Covid-19 : les assistants familiaux s’impatientent…


Publié le : 20.04.2020 I Dernière Mise à jour : 20.04.2020
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Photo d'illustration I Crédit photo DR

Auteur

  • Nathalie Auphant

Une audioconférence s’est tenue la semaine dernière entre les représentants des assistants familiaux et les services ministériels chargés de la protection de l’enfance. Face aux réorganisations et difficultés qu’engendre la crise sanitaire, trois organisations ont fait le choix de s’unir pour se faire entendre.

L’heure est grave pour les assistants familiaux. En atteste l’action commune de trois organisations représentant ces professionnels de la protection de l’enfance. Le Syndicat des assistants familiaux (SAF), l’Association nationale des assistants maternels, assistants et accueillants familiaux (Anamaaf) et la Fédération nationale des assistants familiaux (FNAF) ont fait le choix de s’unir. C’est une première. Il s’agit, pour elles, de faire entendre leurs attentes et leurs demandes alors que les assistants familiaux ont le sentiment d’être oubliés dans cette crise.

Une légitimité assumée

« Ce n’est pas lors du point hebdomadaire du mercredi avec Adrien Taquet [secrétaire d'Etat à la protection de l'enfance], que l’on peut aborder les problématiques de notre profession. Le temps est très limité et les 25 participants [acteurs de la protection de l’enfance] ne peuvent pas tous prendre la parole », explique Evelyne Arnaud, chargée de mission du SAF. Une inquiétude semble-t-il entendue, puisque les trois organisations ont obtenu la tenue, le 14 avril, d'une audioconférence spécifique à l’exercice des assistants familiaux en période de confinement avec les services ministériels.

Pour légitimer leur prise de parole, « et parce que les politiques aiment bien les statistiques et les chiffres » raille une personne proche du dossier, ces organisations ont lancé, avant la rencontre, une enquête flash en ligne auprès de leurs pairs entre le 10 et le 13 avril. Ce sont plus de 7 000 personnes qui ont répondu au questionnaire dont 84 % sont employées par des conseils départementaux. Cette participation, qui représente 16 % de la profession, est certainement révélatrice de l’attente de reconnaissance des assistants familiaux qui, déjà en temps normal, souffrent d’un manque de considération.

Des demandes précises

S’appuyant sur les résultats de cette enquête flash, le SAF, la FNAF et l’Anamaaf ont fait remonter une nouvelle fois la réalité du métier d’assistant familial en cette période de confinement. Un engagement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 auprès d’enfants souvent en souffrance qui ne sont plus scolarisés ou pris en charge par des établissements médico-sociaux (instituts médico-éducatifs [IME] ou des instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques [Itep]). Ces organisations ont ainsi formulé « haut et fort les attentes des assistants familiaux » et présenté des demandes précises. La première, préalable à tout le reste : intégrer toutes les mesures prises au sujet des assistants familiaux dans une ordonnance afin que les départements soient dans l’obligation de les mettre en application. Elles demandent que leur soit octroyée une protection sociale nationale garantie qui permettrait, en cas de contamination, de décès ou de séquelles liés au Covid-19, de voir reconnue la qualification de maladie professionnelle. Autre attente importante, une mesure de protection des pouvoirs publics vis-à-vis de la responsabilité pénale. « Nous n’avons aucun masque ou test à notre disposition alors que nous devons garantir la sécurité des enfants confiés, ce qui pourrait donc poser la question de notre responsabilité pénale en cas de problème avec un enfant », s’inquiète Evelyne Arnaud.

Sur le plan financier, les assistants familiaux réclament une compensation au vu de leur implication durant cette période de confinement. S’appuyant sur différents articles du code de l’action sociale et des familles, qui prévoient une « sujétion spéciale » en cas de prise en charge d’un enfant en situation de handicap ou encore d’un enfant déscolarisé, les trois organisations demandent une revalorisation salariale équivalant à 3 heures de Smic par jour et par enfant. Et ce, depuis le 16 mars, date à laquelle les établissements scolaires ont fermé. Elles suggèrent également l’octroi de 15 jours supplémentaires de congés payés à déposer, si besoin, dans l’année ou dans les 18 mois à venir. Des propositions ont également été faites pour l’après-crise, qui suscite de profondes inquiétudes. Par exemple, que soient anticipées des solutions de répit pour les assistants familiaux et éviter ainsi les ruptures de repères pour les enfants accueillis.

A l’issue de cette audioconférence, aucune décision n’a été prise. Les services ministériels vont étudier les demandes des trois organisations. Mais après un mois de confinement, la patience commence à être mise à rude épreuve dans le champ de la protection de l’enfance, et en particulier du côté des assistants familiaux. Evelyne Arnaud prévient : « Si on n’obtient pas d’ordonnance concernant nos demandes pour que les départements soient dans l’obligation d’appliquer les mesures prises, nous n’en resterons pas là. » Les trois organisations ont d'ores et déjà lancé une pétition en ligne (« Pour les professionnels de l'accueil à domicile ») à l'adresse du président de la République.

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