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La Nouvelle-Zélande avance vers l’égalité salariale

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La Nouvelle-Zélande avance vers l’égalité salariale

L’archipel néo-zélandais s’emploie depuis 2017 à revaloriser les rémunérations des femmes et des travailleurs sociaux dits « communautaires », après des décennies de discriminations.

Une décision gouvernementale « historique » : voilà comment syndicats et employeurs gouvernementaux ont salué, le 24 novembre, la décision d’étendre l’égalité salariale à tous les travailleurs sociaux de Nouvelle-Zélande. Une mesure très attendue par les salariés œuvrant dans les services sociaux communautaires, pour la plupart d’origine maori, et discriminés – comme les femmes – dans leur rémunération. « C’est un jour historique pour tous les travailleurs sociaux », veut croire Melissa Woolley, secrétaire nationale de l’Association de la fonction publique (Public Service Association [PSA]) « Te Pukenga Here Tikanga Mahi ». « Une fois mise en œuvre, l’extension signifiera que tous les travailleurs sociaux seront rémunérés équitablement pour le travail précieux qu’ils accomplissent dans nos communautés. Nous allons enfin dans la bonne direction. Tous les travailleurs sociaux ont de la valeur, peu importe où ils travaillent », affirme-t-elle.

Une avancée qui renforcera le travail auprès des familles

Même enthousiasme pour Claire Achmad, la directrice générale du Social Service Providers Aotearoa (SSPA, « Aotearoa » étant le nom maori de la Nouvelle-Zélande), une organisation nationale représentant les services sociaux communautaires du pays. « Il s’agit d’une victoire majeure pour nos services sociaux communautaires, renchérit-elle. Cela fera une différence tangible pour les travailleurs, et renforcera leur travail auprès des familles. » Les revalorisations vont effectivement changer radicalement les perspectives de ces professionnels, avec des augmentations attendues de 20 000 à 30 000 dollars du salaire annuel, pour un temps plein. « Ma vie en est changée comme celle de mes collègues. Nous luttons pour survivre avec nos salaires actuels, en particulier ceux qui élèvent des familles avec un seul revenu. Cela nous permettra de respirer. Je pourrai me permettre des choses qui étaient jusqu’ici hors de portée, comme le double vitrage pour rester au chaud en hiver », témoigne Stéphanie Brown, déléguée PSA et travailleuse sociale à Dunedin, dans un communiqué du syndicat.

Peuplée d’un peu plus de cinq millions d’habitants, la Nouvelle-Zélande demeure largement composée d’individus directement issus de la colonisation britannique. Les Maoris, considérés comme le peuple autochtone du pays, représentent environ 15 % de la population, et ceux originaires du continent asiatique un peu moins de 10 %. « Cette demande d’équité salariale en travail social est une première étape importante pour combler l’écart important entre les sexes, pour les travailleurs sociaux et les autres personnes qui effectuent un travail essentiellement similaire », déclarait à la fin du mois d’octobre le ministre de l’Enfance Kelvin Davis. Le gouvernement a débloqué 80,56 millions de dollars sur cinq ans pour financer la mesure. Un compromis rendu possible par « une gestion prudente de l’économie tout au long de la crise du Covid, qui a laissé la Nouvelle-Zélande dans une position relativement forte malgré les vents contraires sur le terrain économique », assurent les autorités du pays, qui communiquent autant en anglais qu’en langue maorie. En s’attaquant à ces inégalités salariales, le gouvernement dirigé par le Parti travailliste entend pérenniser des emplois rendus fragiles par la précarité du secteur, et faciliter le passage des professionnels du secteur privé vers le secteur public.

Les organisations PSA et SSPA affichent cependant leur détermination à mettre fin aux inégalités salariales dans l’ensemble du secteur social communautaire. Les deux organisations « commenceront bientôt à travailler sur une deuxième demande d’équité salariale concernant un groupe encore plus large dans les services sociaux », promettent-ils.

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