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Les travailleurs sociaux palestiniens avancent en terrain miné

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Les travailleurs sociaux palestiniens avancent en terrain miné

Les travailleurs sociaux palestiens interviennent auprès d’une population en grande difficulté, principalement des jeunes, au risque parfois de leur vie : les arrestations, voire les assassinats, se multiplient dans les territoires occupés.

Muhammad Ali Abu KafEeh avait 36 ans. Il a été tué par des soldats israéliens le 24 septembre dernier à un barrage militaire de la ville de Beit Ijza, au nord-ouest de Jérusalem. « C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la nouvelle du martyre de Muhammad Ali Abu Kafeeh, qui œuvrait comme assistant social à l’école primaire de garçons Ibn Khaldoun à Jérusalem », a réagi en forme d’hommage l’Union palestienienne des travailleurs sociaux et psychologues (PUSWP). Le drame s’est noué à proximité de la colonie de Havat Gilad, près de la ville de Naplouse, en pleine festivité de Roch Hachana, le nouvel an juif, à l’occasion duquel les autorités israéliennes imposent un bouclage total de la Cisjordanie et de Gaza. Officiellement, Muhammad Ali Abu Kafeeh aurait été abattu alors qu’il tentait de commettre un attentat à la voiture bélier contre un barrage militaire… Les médias israéliens ont mentionné un policier israélien « légèrement blessé ».

Protéger sans être protégé

« Je me revois en 2014, quand nous étions allés présenter nos condoléances à la famille d’un éductateur qui intervenait auprès des enfants à Hébron, Hashem Abu Maria. Il avait également été abattu par un tireur d’élite de l’armée alors qu’il vaquait à ses occupations professionnelles », témoigne son confrère David Harrop, travailleur social indépendant enregistré au Royaume-Uni et cofondateur du Palestine UK Social Work Network (Paluk) en 2011. « Lorsque l’on regarde les conditions de travail de nos collègues palestiniens, il est frappant de voir que ceux qui consacrent leur carrière à la sauvegarde des plus fragiles ne bénéficient d’aucune protection et se retrouvent même exposés au danger. Ils savent que des membres de leurs communautés, en particulier les jeunes et les enfants, sont constamment menacés et risquent d’être arrêtés, blessés, tués ou traumatisés. Ils mettent tout leur savoir-faire au service de leur sécurité physique et émotionnelle », écrit-il dans un texte publié sur le site The Palestine Chronicle.

David Harrop égrène également les campagnes de solidarité internationale, qu’il s’agisse de soutenir un travailleur palestinien œuvrant auprès de la jeunesse locale dans le camp de réfugiés d’Aida et arrêté par les forces de sécurité, ou d’obtenir la libération de ses collègues détenus dans les prisons israéliennes : le 25 septembre dernier, le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens alertait sur les nombreux travailleurs sociaux actuellement en grève de la faim pour protester contre leur détention extrajudiciaire.

Privés de la plupart de leurs droits politiques, ces derniers n’ont guère de recours internes pour échapper à l’arbitraire. Dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé, à l’heure où les pressions internationales s’estompent et où les organisations non gouvernementales (ONG) peinent à exercer dans les territoires occupés, la famille et les proches de Muhammad Ali Abu Kafieh ne disposent d’aucun moyen pour contester la version de l’armée. A Naplouse, plusieurs Palestiniens et un militaire israélien sont morts le 11 octobre dernier lors d’une fusillade, provoquant un nouveau bouclage de la ville par les autorités. De retour de Cisjordanie pour rencontrer des élus et des responsables d’ONG, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez évoquait le 14 octobre, au micro de TF1, l’ambiance électrique qui règne à Naplouse : « La ville a été encerclée par les militaires israéliens, donc impossible de sortir. Les routes étaient bloquées. Quand j’ai essayé de rejoindre l’aéroport de Tel Aviv, je me suis retrouvé face à l’armée. Le taxi a réussi à passer tandis que l’on était mis en joue par les militaires », soupire le leader de la CGT.

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