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La revanche et la communauté

Des centaines de milliers de parents se sont réjouis, au début du mois de juillet, de la réussite au baccalauréat de leurs enfants. Parmi eux, ils étaient quelques-uns à se satisfaire d’un résultat bien peu conforme aux augures qui se sont penchés sur le berceau de leurs fils ou de leurs filles.

Porteurs de handicaps, ces derniers se sont souvent vu asséner des phrases définitives : « tu n’as rien à faire en filière générale », « les études, ce n’est pas fait pour toi », « un métier manuel te conviendrait mieux », ou encore « le bac ? Mais pour quoi faire ? ». Comme un pied de nez au destin et pour démentir a posteriori les sentences blessantes d’une enseignante ou d’un conseiller principal d’éducation, voire des membres de leurs familles, ces mêmes parents ont souvent posté sur les réseaux sociaux des messages aussi triomphants que rageurs. Ainsi, celui de @NadiaHuet2, liké plus de 50 000 fois : « Mon fils, 17 ans, porteur de handicap, qui “n’avait rien à faire dans une classe”, vient d’obtenir son bac général avec mention. Voilà, voilà. »

Si l’on peut évidemment comprendre leur ressenti, il ne rend pas réellement justice à la véritable réussite de ces jeunes. Un succès qui n’est évidemment pas individuel mais collectif.

Combien d’ergothérapeutes, d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), d’orthophonistes, de psychologues et tant d’autres professionnels ont contribué à l’obtention de ces diplômes qui matérialisent désormais bien davantage un rite de passage social que toute autre chose.

C’est une évidence, la prise en charge du handicap à l’école, et particulièrement au sein de l’Education nationale, reste largement lacunaire. Mais ces enfants n’ont pas été seuls pour autant au cours de leur scolarité. A l’aune de ces réussites, il s’agit de renforcer les dispositifs les plus efficaces au nom de l’égalité des chances.

Un célèbre dicton africain affirme qu’« il faut tout un village pour élever un enfant ». On pourrait ajouter qu’il faut toute une communauté socio-médico-éducative pour amener les porteurs de handicap jusqu’au seuil de l’enseignement supérieur.

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