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Enfants arrêtés, enfance niée

En Savoie, jeudi 5 novembre, quatre élèves de CM2 ont été arrêtés. Quatre enfants de 10 ans appréhendés à leur domicile par des policiers parfois cagoulés et armés. Ils sont suspectés d’avoir tenu des propos « violents et inquiétants » lors de l’hommage rendu à Samuel Paty dans les établissements scolaires le 2 novembre dernier. Auditionnés avec leurs parents, une fille et trois garçons ont finalement été laissés libres à l’issue de cette « retenue ». Face à l’émotion, légitime, de certains parents grenoblois, le parquet se défend d’avoir commis une faute. C’est sans doute vrai d’un point de vue du droit. C’est absolument faux si l’on considère que la priorité doit être donnée à l’intérêt supérieur de l’enfant. Car enfin, rien ne va dans ce simple énoncé des faits. A 10 ans, est-on réellement capable de faire l’« apologie du terrorisme » ? Quel enfant est d’ailleurs à même de comprendre ce terme que bien des adultes ont du mal à définir ? Au-delà de phrases répétées par mimétisme familial ou par pure provocation, le discernement semble ici bien difficile à caractériser.

Le traumatisme d’enfants arrêtés à leur domicile par des membres des forces de l’ordre en uniforme, pistolet et menottes à la ceinture, n’est pas à sous-estimer. Cette intervention policière vient aussi abîmer durablement, sans doute définitivement pour certains, leur relation avec les institutions.

Comment accorder encore sa confiance à sa maîtresse si les mots prononcés en classe peuvent conduire au commissariat ?

C’est enfin nier le rôle des juges pour enfants et toute l’éducation en milieu ouvert (AEMO). Car c’est bien le rôle de l’éducation nationale de remonter d’éventuelles informations préoccupantes. L’interpellation de ces enfants les met d’office en position de coupables présumés plutôt que de victimes probables de leur milieu familial.

Est-il seulement besoin de le préciser ? Ces quatre enfants sont musulmans. Si aucune faiblesse ne peut être tolérée face à l’islamisme radical, le discernement doit être absolument de mise dès lors qu’il s’agit de mineurs, a fortiori lorsqu’ils fréquentent les bancs d’une école élémentaire.

Éditorial

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