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« Il faut la mobilisation politique des mairies »

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En publiant en octobre dernier son document « Les élus locaux face à la résorption des squats et bidonvilles », le Collectif national droits de l’Homme (CNDH) Romeurope interpelle les candidats aux élections municipales et rappelle que la mobilisation des équipes municipales et intercommunales est nécessaire pour trouver des solutions durables à l’habitat en bidonville et squat.
Pas de résorption des bidonvilles sans une implication des acteurs locaux ?

Notre objectif n’est pas de mettre tout le fardeau sur les épaules d’élus locaux de villes où il y a déjà énormément de précarité. Il est de dire que sans eux et sans leur rôle moteur, on continuera à faire perdurer les bidonvilles. Il faut la mobilisation politique des mairies et le CNDH Romeurope cherche à les convaincre en montrant les meilleures pratiques de terrain pour résorber les bidonvilles et squats. Nous nous adressons à des élus qui vont prendre leur mandat et qui auront donc du temps pour agir. La perception par les électeurs d’une expulsion d’un bidonville où les gens viennent se réinstaller six mois après est la preuve d’une faiblesse de l’action publique, d’une incapacité à résoudre cette question.

Quels sont les éléments nécessaires pour la réussite ?

Une mairie volontariste mais également l’Etat qui s’implique financièrement est la combinaison gagnante. Il y a des villes où l’Etat commence à prendre les choses au sérieux mais la municipalité ou l’agglomération de communes ne s’est jamais impliquée. C’est le cas par exemple de Marseille et les choses traînent en longueur. La couleur politique des communes influe assez peu sur l’implication des mairies. Toulouse, qui est une ville de droite, compte au rang des villes les plus actives sur la résorption des bidonvilles alors qu’il existe des villes communistes où cela se passe extrêmement mal.

Le CNCH Romeurope réclame aussi l’aménagement des conditions de vie sur les sites des bidonvilles

Si l’objectif à moyen et à long terme est de résorber les bidonvilles, entre temps l’amélioration des conditions de vie est la base. Apporter de l’eau et ramasser les ordures des gens qui vivent dans un bidonville n’est pas une façon de pérenniser les bidonvilles. Sur ce plan, nous sommes au cœur des compétences des mairies et des intercommunalités. Le droit est du côté des habitants mais le recours à la justice pour ces personnes précaires est très rare. Mais quelques décisions de justice rappellent ces obligations pour les communes d’améliorer les conditions de vie sur sites.

Les expulsions sont-elles toujours importantes en 2019 ?

En 2019, on a une baisse du nombre d’expulsions sur la question des citoyens européens, même s’il reste Calais et les expulsions à répétition des campements de migrants à Paris. L’Observatoire inter-associatif des expulsions collectives de lieux de vie informels a présenté son premier bilan en novembre dernier. L’ambition est de visibiliser le sujet des expulsions des habitats informels, de montrer la diversité des publics qui sont touchés : extra-européens, intra-européens et même français. Ces chiffres vont être utilisés dans le rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre sur le mal-logement. Les solutions seront différentes à apporter entre un Albanais en demande d’asile, un Roumain qui travaille et un Syrien qui a le statut de réfugié. Dans un bidonville où il n’y a que des citoyens européens, il y a déjà une palette de réponses à apporter en fonction des profils des familles, des aspirations personnelles. Le statut administratif n’est qu’un critère parmi les autres à prendre en compte pour un bon accompagnement et une vraie sortie du bidonville. Quand on a une méthodologie d’action publique qui fonctionne autant l’utiliser pour tous les publics.

Repères

Manon Fillonneau est déléguée générale du Collectif national droits de l’Homme (CNDH) Romeurope depuis cinq ans. Le CNDH réunit près de 50 associations nationales et locales ainsi que des collectifs citoyens mobilisés pour et avec les personnes vivant en squat, bidonville ou à la rue et principalement originaires de Roumanie et de Bulgarie.

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