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Focus

Action sociale - Mettre en œuvre l’analyse des besoins sociaux


Publié le : 11.10.2019 I Dernière Mise à jour : 11.10.2019

Auteur

  • Maïa Courtois

Le congrès annuel de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) des 3 et 4 octobre derniers a permis d’échanger autour de l’analyse des besoins sociaux. Si celle-ci enrichit les politiques sociales locales, sa mise en place en début de mandat soulève des interrogations.

Comme beaucoup d’autres territoires, la commune de Carvin (Pas-de-Calais) compte des jeunes « Neet ». L’acronyme, utilisé par l’Union européenne, désigne les jeunes les plus éloignés du marché du travail qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Grâce à une analyse des besoins sociaux (ABS), le centre communal d’action sociale (CCAS) de Carvin a vu apparaître dans son champ d’action ce profil du « jeune invisible », relate son directeur Joël Ferri. Des personnes jusqu’ici hors des radars, bloquées par une « série de freins sociaux, économiques et psychologiques : mobilité limitée, pas de qualification, incapacité à se projeter… »

Depuis la mise en place, en 2015, du dispositif « Nouvel objectif emploi » soutenu par le programme « Initiative emploi des jeunes » du Fonds social européen, 80 jeunes ont été accompagnés. Les rencontrer « nous oblige à sortir de notre posture institutionnelle pour aller vers eux avec des travailleurs sociaux expérimentés », reconnaît volontiers Joël Ferri. Des éducateurs de rue sont mobilisés pour ériger une relation de confiance. Au bout de 18 mois d’accompagnement, plus de « 60 % concrétisent une piste d’emploi ou un retour vers une formation qualifiante ».

Parfois, certains jeunes disparaissent à nouveau. Pour tenter d’améliorer l’« aller vers », le CCAS s’est doté d’un médiateur de nuit, travailleur social de formation. « Il y a une autre vie, la nuit, avec toute une autre cohorte de jeunes », raconte le directeur du CCAS. « Le rendez-vous le matin à 9 heures ne leur convient pas : il faut donc aller les accrocher à ce moment-là. » Après cinq ans d’expérimentation, « 50 % des jeunes nous sont adressés par ceux que nous avons déjà accompagnés ». Belle preuve de réussite ? Le directeur du CCAS nuance : « C’est aussi inquiétant, car cela dévoile une source qui ne se tarit pas… »

« Pilotage partagé »

Un décret de 2016 a remplacé l’obligation d’ABS annuelle par une obligation à réaliser seulement en début de mandat. Si celle-ci permet de « voir les dimensions de la ville échappant à la statistique », comme en témoigne Joël Ferri, sa mise en œuvre pose toujours question. « Cela peut faire peur dans les petits territoires, par manque d’ingénierie », interpelle la directrice de l’Udccas 38 dans le public. D’autant que l’intérêt de l’ABS réside, selon elle, dans un « pilotage partagé sur le territoire », au-delà de la simple collecte de données. Hervé Guéry, directeur du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales (Compas), reconnaît que ces inquiétudes sont régulièrement soulevées : « Un CCAS au périmètre de 2 000 habitants n’a pas les moyens d’avoir un débat vivant, de payer un bureau d’études… »

Alors, quelles solutions ? « Mutualiser avec d’autres communes », « avoir un pilote professionnel formé » ou encore « faire appel à un prestataire extérieur ». Le directeur de Compas loue le travail en réseau, à même de « nourrir plus intelligemment les politiques publiques ». Une autre responsable d’une Udccas donne l’exemple d’une ABS mutualisée entre quatre communes ayant abouti à la création d’un poste d’agent dédié au surendettement. Reste que, pour la directrice de l’Udccas 38, il y a une « urgence de coformation » pour doter les professionnels de l’action sociale d’outils d’analyse partagée.

Vers une contractualisation entre l’état et les communes

Dans son discours de clôture du congrès de l’Unccas, la secrétaire d’Etat Christelle Dubos a fait part de son souhait de « réfléchir à une nouvelle série de contrats à passer entre l’Etat et les communes » sur la prévention et la lutte contre la pauvreté. Une nouvelle phase de contractualisation s’annonce donc, non plus entre l’Etat et les départements mais entre l’Etat et les communes. La secrétaire d’Etat chargée de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a également encouragé les responsables de CCAS à « entrer en contact » avec les hauts commissaires à la lutte contre la grande pauvreté ayant pris leur fonction au début septembre dans chaque région.

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