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Focus interview

Olivier Muller, gérant de deux agences de service d’aide à domicile à Rouen - « Nous avons priorisé les interventions »


Publié le : 11.10.2019 I Dernière Mise à jour : 11.10.2019

Auteur

  • Nathalie Auphant

Le 26 septembre, l’incendie de l’usine chimique Lubrizol, à Rouen, a entraîné la mise en place d’une zone de confinement autour des lieux du drame. La préfecture de la Seine-Maritime avait également invité les habitants à rester chez eux. Pour les services d’aide à domicile, il a fallu réagir dans l’urgence. Gérant de deux agences de l’entreprise Apef du secteur, Olivier Muller revient sur cette situation d’exception.

Aviez-vous élaboré un dispositif en cas d’accident industriel ?

Non, nous n’étions pas préparés, nous avons donc improvisé. Notre activité étant majoritairement liée à la dépendance et au maintien à domicile, nous avons priorisé les interventions indispensables : ainsi l’entretien du logement ou encore les travaux de jardinage ont été remis à plus tard. La question qui s’est posée rapidement est celle des interventions à domicile auprès des publics fragiles. Nous étions pris en étau avec, d’un côté, l’aspect sécurité avec un périmètre déterminé par la préfecture et, de l’autre, notre obligation de continuité de service auprès des personnes handicapées ou avec une autonomie très réduite. Nous avons eu des choix à faire.

Comment avez-vous organisé cette continuité de service auprès des bénéficiaires les plus dépendants ?

Tout d’abord, j’ai fermé mes deux agences pour ne pas prendre de risque, les équipes de coordination ont ainsi piloté toutes les activités depuis leur domicile. Ensuite, nous avons contacter toutes les intervenantes afin de les informer de l’organisation que nous allions mettre en place. Nous avons ainsi priorisé les interventions au plus proche de leur domicile pour éviter trop de déplacements, notamment dans la zone contaminée. Nous avons réduit les interventions à l’aide à la toilette, la préparation de repas et l’aide au coucher pour le soir.

Avez-vous eu à faire face à l’absence des salariées ?

Nous n’avons pas senti de grosse angoisse de leur part, seulement trois salariées ont fait valoir leur droit de retrait. La plus grande majorité a pris le risque entre guillemets d’assurer leur journée comme si de rien n’était. Le discours de la préfecture a certainement rassurer : il était proposé de rester confiner sur le périmètre mais par précaution, sans qu’il y ait un danger avéré. Nous nous sommes adaptés à la situation et aux consignes de sécurité et à la volonté de nos salariées d’intervenir et ne pas laisser isolées des personnes âgées ou handicapées.

Vous avez dû faire face à cette situation exceptionnelle mais aussi aux décisions qui en ont découlé ?

Effectivement, nous avons dû réagir rapidement face aux conséquences de certaines décisions. Par exemple, la régie de transport rouennaise a supprimé tous les bus et métros dès l’après-midi. Cela a compliqué nos interventions car, à l’image de la profession, plus de la moitié de nos salariées n’est pas véhiculée. Nos interventions de fin de journée telles que la préparation des repas, l’aide à la toilette ou au coucher ont été rendues difficiles. L’une des coordinatrices a dû s’improviser « taxi » pour aller chercher les intervenantes à leur domicile, les mener sur le lieu de leur intervention et les ramener chez elles.

De plus, nous avions également des bénéficiaires dans la zone de sécurité et des salariées, dont l’une d’elles a été bloquée dans son appartement.

Lorsque vous parlez de cette situation, vous évoquez des « faits marquants ». Quels sont-ils ?

Face à cette situation exceptionnelle, certaines intervenantes ont pris l’initiative de rester plus longtemps chez les bénéficiaires. Ainsi, en début de matinée, suite à l’incendie, elles sont restées jusqu’à l’heure du repas auprès de certaines personnes qui étaient très angoissées. Elles les ont apaisées, elles ont joué leur rôle. Cette solidarité est également venue des bénéficiaires, certains d’entre eux ont donné des écharpes et des foulards à nos salariées pour qu’elles se protègent la bouche et les voies respiratoires, cela montre l’inquiétude et la bienveillance réciproques entre les intervenantes et les bénéficiaires.

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