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L’événement

Questions à Dominique Libault - « Nous donnons une trajectoire à suivre mais elle peut s’ajuster »


Publié le : 05.04.2019 I Dernière Mise à jour : 05.04.2019

Auteur

  • M. R.

pilote de la concertation « grand âge et autonomie »

Alors que la priorité est censée être donnée au domicile, les moyens alloués ne sont que de 550 millions. Que répondez-vous aux acteurs qui s’en inquiètent ?

A l’horizon 2030, nous disons que 9 milliards d’euros supplémentaires seront nécessaires. Dans le détail, 4 milliards sont prévus pour l’offre à domicile, 2,9 milliards pour l’offre en établissements et 2,3 milliards pour diminuer le reste à charge des ménages. Donc, dans notre positionnement sur 2030, on peut noter que le domicile recueille bien une grande partie de l’effort des moyens nouveaux. Il faut donc regarder plus en détail l’impact des différentes évolutions, les mesures nouvelles mais aussi les mesures démographiques. Nous faisons aussi l’hypothèse qu’un pourcentage plus important de personnes sera pris en charge à domicile. Ainsi, mécaniquement, certains financements iront plus vers le domicile que vers les établissements.

Selon les calculs de l’UNA, le domicile avait besoin de 1,7 milliard d’euros supplémentaires et non pas 550 millions …

Les 550 millions d’euros ne portent que sur la réforme de la tarification des services à domicile. Il y a donc d’autres éléments à prendre en compte dans les propositions du rapport. En revanche, ce qui est vrai, c’est que nous n’avons pas souhaité entrer dans un détail complet de chiffrage. Ce sont surtout des orientations générales qui sont données. Donc, il ne faut effectivement pas résumer l’effort au domicile à ces 550 millions d’euros, qui ne visent qu’une approche de la tarification du service à domicile pour mettre plus de qualité. Mais, évidemment, d’autres éléments doivent entrer en compte.

Pour autant, est-ce suffisant ?

On a conscience que l’on peut toujours faire plus. Nous donnons une trajectoire à suivre mais elle peut s’ajuster. Nous préconisons une première étape très rapide, avec une revalorisation rapide, car c’est un secteur qui nous semble être dans l’urgence. Nous ne prétendons pas avoir totalement réglé le sujet.

De même, sur le terrain, certaines personnes s’inquiètent du peu de prise en considération des professionnels.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec leur appréciation puisque la priorité numéro un est donnée aux professionnels. Je suis en effet convaincu que l’on ne pourra pas mettre en œuvre les autres orientations s’il n’y a pas une revalorisation des métiers, qui est fortement plaidée dans le rapport. Nous faisons quand même une liste substantielle de propositions. Ce qui montre, selon moi, que l’on n’a pas oublié le sujet des professionnels. Bien au contraire.

Plus précisément, ils s’inquiètent de la réalité des mesures avancées pour rendre les métiers attractifs. Comment comptez-vous faire pour recruter en masse (80 000 professionnels supplémentaires) ?

Nous voulons mettre en place dès à présent une vraie filière « métiers » avec Pôle emploi. Cela permettrait certainement d’attirer des personnes vers ce secteur, aussi bien des jeunes que des personnes en reconversion. Il faut pouvoir attirer ces personnes et cela passe aussi par de meilleures conditions de travail, des parcours professionnels de qualité, la revalorisation des fonctions elles-mêmes.

Quand on annonce 80 000 professionnels supplémentaires, ce n’est pas pour faire la même chose avec plus de personnes. C’est pour faire les choses différemment. C’est pour aller vers le soutien à l’autonomie, aller vers une relation aidants-aidés différente.

A propos du financement, beaucoup de choses sont avancées à compter de 2024 mais l’urgence est là. Comment financer les manques actuels ?

C’est évidemment la question la plus compliquée. Au début de la concertation, on pensait pouvoir reporter les excédents générés, dès 2020, par la sécurité sociale, sur le financement de la perte d’autonomie. Si cette voie n’est pas exclue, elle est repoussée car ces excédents n’arriveront vraisemblablement qu’à partir de 2021-2022. Il y a aussi la possibilité d’utiliser le Fonds de réserve des retraites, notamment pour les rénovations d’établissements. Il peut aussi y avoir une priorisation des dépenses des personnes âgées par rapport à d’autres, notamment au sein de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). Ce sont les hypothèses que nous émettons afin d’éviter un nouveau prélèvement obligatoire qui ne nous semble en effet pas opportun. Mais les pouvoirs publics, s’ils le souhaitent, sont en capacité d’en décider autrement.

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