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Fragilité, impasse et contradictions

LES SERVICES D’AIDE À LA PERSONNE ET LES ÉTABLISSEMENTS accueillant des personnes handicapées et dépendantes ont la particularité d’être des entreprises dont le principal capital est l’humain, le travailleur social. C’est une chance, une richesse, mais aussi une charge d’un point de vue salarial. Les réserves de productivité sont relativement faibles car, même si les métiers supposent une réelle technicité, c’est la présence humaine permanente qu’il faut rémunérer. La norme, désormais admise à défaut d’être réellement appliquée, d’un agent pour un patient dans les Ehpad témoigne de cette réalité.

Le secteur étant fragile économiquement (voir les ASH n° 3074 du 7-09-18, page 22), toute évolution des paramètres de gestion est susceptible de le déséquilibrer et de mettre en péril certains établissements. C’est la mésaventure que le secteur de l’aide à domicile a connue avec le CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Mis en place par François Hollande en 2014 pour alléger les charges des entreprises, il a été supprimé par Emmanuel Macron, qui l’a remplacé par une baisse pérenne des charges sociales. Oui, mais voilà – le diable se cachant dans les détails –, ce tour de passe-passe s’est traduit par une hausse des charges sur les bas salaires, qui constituent une part importante de la masse salariale de ce secteur. Pendant un an, les entreprises concernées se sont battues pour obtenir une compensation et viennent d’obtenir gain de cause (voir ce numéro, page 13).

Cette péripétie illustre à la fois la fragilité, l’impasse et les contradictions du secteur. En effet, ses besoins en recrutement sont importants et le seront encore plus à l’avenir, à cause en particulier du vieillissement de la population. Mais il n’est pas attractif, en raison notamment des salaires peu élevés. Oui, mais une augmentation massive des rémunérations fragiliserait davantage le secteur… Un vrai cercle vicieux.

Comment en sortir ? C’est un des enjeux de la réforme de la dépendance que de faire du service à la personne une activité socialement juste, économiquement forte et humainement valorisante.

Pour arriver à ce résultat idéal, il faut construire un système répondant réellement au besoin de la société, et pas aux attentes de tel ou tel acteur. La concertation qui vient d’être lancée devrait être aussi large que possible pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

Éditorial

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