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Colloque Cliniques : Ordre et désordre de l'autorité

Puteau APSPI-Colloque Cliniques - 12, rue Jean Jaurès - CS10032 - 92813 Puteaux

France

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Le terme autorité renvoie à l’auctoritas romaine, à savoir à la qualité et à la légitimité des anciens. Le Sénat à Rome était en l’occurrence le garant des « fondations ». L’autorité est en son fondement un facteur d’humanisation, civilisateur et structurant. Ses fonctions sont constitutives de l’individu comme de la civilisation. Elle organise les mouvements pulsionnels individuels et collectifs et permet leur sublimation comme le notait Freud dans « Malaise dans la civilisation ». Un enfant ne peut grandir sans une autorité à laquelle se mesurer, sans limites auxquelles se confronter, sans quoi il se désorganise. De la même manière, une institution ne peut fonctionner sans autorité, celle-ci participant même de son essence. La référence à ce qui fait autorité n’est-elle pas fondamentalement la garantie d’un cadre, d’une loi, et surtout d’un tiers ? Dans les soins psychiques, que l’on pense au fonctionnement de nos patients ou que l’on évoque les dynamiques institutionnelles, à quelles fonctions intrapsychiques et
intersubjectives l’autorité doit-elle renvoyer pour être suffisamment opérante ? Comment se manifestent ses désordres dans la clinique quotidienne, notamment celle des perversions et des cliniques aux limites, tout autant que dans les organisations institutionnelles ? En matière d’autorité, quel est le bon équilibre, le bon alliage qui prémunisse autant de la violence que de l’emprise et de la séduction ? Qui est légitime pour exercer une autorité dans une institution, quelles valeurs la sous-tendent, le savoir médical, le charisme de tel soignant ? Dans notre contexte contemporain de la santé, comment se manifeste le conflit implicite dans une institution sanitaire ou médico-sociale entre « l’autorité médicale » et « le patient acteur de ses soins » ? À cet égard, est-ce que laisser de plus en plus d’autonomie aux patients et limiter strictement les soins sous contrainte suffit à régler la question de l’autorité ? Une forme d’autorité n’est-elle pas nécessaire pour protéger les patients, pour ne pas les livrer à eux-mêmes, à des idées délirantes ou suicidaires par exemple ? L’autorité ne devient-elle pas opérante à la condition d’être exercée dans un cadre autorisant le tiers et la conflictualité et quand ses motivations implicites sont de limiter la toute-puissance pour apaiser l’excitation et la violence ? Comment en somme penser l’autorité pour qu’elle soit la condition de l’homme ou de la femme libre et non pas seulement une fin en soi ? 

Avec notamment :  Alain BRACONNIER, André CAREL, Emmanuelle CHERVET, Catherine DUCARRE, Christophe FERVEUR, Fabrice GZIL, Laurent OLIVIER, Magali RAVIT, Anaïs RESTIVO-MARTIN, Franck REXAND-GALAIS, Philippe ROBERT, Pascal ROMAN

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