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Bonjour et bienvenue dans l’Essentiel du social, l’infolettre préférée des éducs, des ASS et de tous les pros du travail social. Voici les infos sociales qui nous ont marqué cette semaine à la rédac des ASH.

    Touché, ému, bouleversé, effaré par le destin des jeunes placées mais aussi admiratif de l’humanité des éducs : on passe par tous ces sentiments en visionnant « Comme si j’étais morte », le documentaire de France TV sur la prostitution des mineures de l’ASE. On revient sur ce doc choc à la Une de cette infolettre. Comme nous revenons sur le cri d’alarme des éducs de Charente Maritime face aux violences sexuelles dans les MECS et sur la réponse de la présidente du département.

  Le reste de l’actualité se déroule à l’assemblée où la loi Santiago sur les violences intrafamiliales a été adoptée et où la même Isabelle Santiago va lancer avec ces collègues socialistes une commission d'enquête chargée de dresser un état des lieux du système de la protection de l'enfance.


Pas besoin d’écouter les échanges entre Sarah El Haïry et Sandrine Rousseau, pour constater qu’elle va mal la protection de l’enfance... Les Ehpad ne vont pas très bien non plus ce modèle est même mort nous affirme Éric Fregona, directeur adjoint de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (ADPA).

  Ce n’est pas avec ces actus qu’on va renforcer l’attractivité du secteur, hein. Mais anyway, la vocation, ça ne sert à rien et c’est même « dangereux « nous dit Katy Lemoigne, directrice générale de l’association Chanteclair dans une tribune.

Ne désespérez pas car sa tribune est pleine d’espoir. Comme toutes les initiatives inspirantes relevées dans notre dossier sur l’approche communautaire. Avec ou sans vocation, on exerce dans ce secteur l’un des plus beaux métiers du monde.

  Bonne lecture et bon week-end.    

Éric Le Braz

 
 
LEAD

A la Une

Violences sexuelles et prostitution autour de l’ASE : la fin d’une omerta

« Usine à putes » : c’est ainsi que l’on décrit les foyers de l’enfance cernés par les prédateurs dans cet article de Marianne. Cette réalité, qui est aussi le quotidien des éducs, est totalement ignorée du grand public. Mais, outre cet article, un documentaire saisissant diffusé sur la plateforme de France TV brise l’omerta et lève le voile cette semaine sur la situation terrifiante de nombreuses mineures placées.

    « Comme si j’étais morte » : c’est le nom du documentaire et l’article que nous lui avions consacré fut le plus lu et le plus commenté de la semaine. « Ils ne te demandent même pas ton âge. Tu es comme une déchetterie, tu n’as plus d’estime pour ton corps. Tu te dis que tu n’es bonne qu’à ça » : Les récits des jeunes filles qui se prostituent (la plus jeune a 14 ans !) sont bouleversants. Et les témoignages empreints d’humanité des éducs et tentent d’apaiser ces ados perdues sont d’une sincérité qui force le respect.

Il y a des proxénètes à l’extérieur… mais aussi des prédateurs à l’intérieur. Les violences sexuelles au sein des établissements de la protection de l’enfance sont un autre non-dit. Un tabou dénoncé par des éducateurs de foyer de l’enfance en Charente Maritime. Dans une lettre ouverte au Préfet, ils écrivent : « Si vous n’intervenez pas Monsieur le Préfet, pour mettre un terme à cette gestion catastrophique grandissante depuis plusieurs mois, pour ces enfants et les agents chargés de les protéger, vous les priverez d’une partie de leur humanité, de leur intégrité et participerez à la potentielle transformation de ces victimes d’aujourd’hui en bourreaux de demain ». Des mots qui sonnent terriblement juste et que comprend Sylvie Marcilly, la présidente du département.

    « Il n’ y a pas d’omerta » nous dit dans une interview aux ASH cette élue qui s’engage à trouver des solutions au niveau local. Et à faire remonter des préconisations au niveau national.

  A lire en accès libre tout le week-end pour les lectrices et lecteurs de L’Essentiel :
Violences dans les foyers de l’ASE en Charente-Maritime : « il n’y a pas d’omerta », selon Sylvie Marcilly

Breves

Protection de l’enfance La loi Santiago est votée (à l’unanimité) Les parlementaires ont décidé d’adopter la proposition de loi déposée par la députée (PS). Isabelle Santiago se félicite du texte voté grâce à un travail « d’écoute et d’échanges ».
  Adoption définitive de la loi sur les violences intrafamiliales : une « grande avancée » pour la députée Isabelle Santiago

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Protection de l’enfance Les socialistes lancent une commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de l'ASE. Depuis le décès de plusieurs jeunes confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE), des voix s'élèvent parmi les parlementaires de tous horizons pour réclamer la mise en place d'une commission d'enquête chargée de dresser un état des lieux du système de la protection de l'enfance. Une demande qui ne convainc pas tout le monde.   ASE : la mise en place d'une commission d'enquête est-elle nécessaire ?

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Médico-social La Has recherche des TS. Dans le cadre du renouvellement de la commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CSMS), la Haute Autorité de santé (HAS) recherche des professionnels du secteur et des représentants d’associations d’usagers. Candidatures à déposer d’ici au 29 mars.   La HAS cherche des experts pour la commission chargée du social et du médico-social

 
 
La Punchline

« Là où la vocation est dangereuse, c’est qu’elle nous enferme dans une fonction de cœur, donc bénévole, et nie in fine qu’il s’agit d’un travail à cœur, rémunéré à juste hauteur, car il ne peut se tenir qu’en étant justement formé. »

Katy Lemoigne, directrice générale de l’association Chanteclair, dans une tribune aux ASH :

 
 
Etonnant, non ?

C'est un projet qui a pu réunir près de 1000 personnes en 2023. Plus qu'une simple animation estivale, le "terrain d'aventures" est une véritable action collective qui permet aux jeunes de se sentir acteurs de leur vie. Et aux éducs de gagner « deux ans de travail avec les jeunes». Ce projet à Dieppe, c’est l’une des initiatives recensées dans notre dossier sur l’approche communautaire qui fait le point sur cette technique professionnelle encore balbutiante en France.   Le dossier sur l’approche communautaire  

 
A la question !

Quel devrait être le visage des Ehpad dans un avenir proche en matière d’organisation ?

L’avenir des établissements est qu’ils permettent à ses citoyens d’être dans le droit commun et non pas dans un dispositif spécifique, c’est-à-dire dans le code du droit des familles pour des personnes âgées dont la plupart ne sont pas sous protection juridique. La réalité des faits, dès qu’on entre dans un établissement, c’est qu’on intègre un régime particulier, où on peut enfermer et attacher des gens. C’est délirant quand on y pense.

Éric Fregona, directeur adjoint de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (ADPA).

 Voir aussi « Le modèle d'Ehpad est mort ».

 
 
Le Chiffre

1 806 euros

C’est la rémunération mensuelle nette des futurs lauréats du concours d’éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse qui débute le 13 mars. 157 postes sont à pourvoir pour des candidats titulaires d’un diplôme de niveau bac +3.
    PJJ : le ministère de la Justice recrute 157 éducateurs

 
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