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Même si les images de cette terre pulvérisée par le cyclone Chido saturent déjà l’espace médiatique, il m’était difficile d’entamer cette semaine autrement qu’en évoquant le drame mahorais. L’archipel est en miettes et nous connaitrons le nombre de victimes, certainement très nombreuses, qu’en retournant chaque bout de tôle, chaque gravats, chaque décombre de ce champ de ruines.
Mais si j’évoque ici les conséquences de cette catastrophe naturelle –les spécialistes du climat ne manqueront pas d’analyser les responsabilités collectives du phénomène – c’est bien parce qu’il ne s’agit pas juste d’une fatalité météorologique. Au-delà des caprices du ciel, Mayotte se meurt en raison d’une situation sanitaire et sociale incompatible avec la promesse républicaine.
Dans ce bout de France qui ne connait plus vraiment le droit du sol, 77 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, seules 30 % des personnes en âge de travailler ont un emploi, entre 6 000 et 10 000 enfants ne sont pas scolarisés. Dans ce département-région d’outre-mer, l’eau courante est un luxe et l’habitat insalubre une banalité.
Quand le temps de l’urgence et de l’aide humanitaire sera passé, je pense à tous ceux qui vont devoir accompagner cette population traumatisée pour retrouver un semblant de vie. Comment penser l’accès aux droits, la protection des enfants, la vulnérabilité ou l’autonomie dans un contexte aussi cataclysmique ? Comment sortir la population des bidonvilles, lorsque les masures elles-mêmes n’existent plus ? Comment se projeter dans une société inclusive alors que les besoins les plus primaires ne sont pas assurés ?
Pour l’heure certainement mobilisés par des opérations de secours, je pense d’ores et déjà aux missions qui attendent demain les travailleurs sociaux à Mayotte. Encore plus qu’ailleurs, va falloir s’accrocher.
Bon début de semaine à tous